Bonjour.

Oui il y a toujours des moments de désespoirs qui finissent par nous submerger. Moi qui aimait le silence je suis comme vous toutes et vous tous, condamné à ne plus savoir ce que c'est. Mais il y a des moments où nous ne l'entendons pas : lorsque nous dormons (le plus dur étant je le concède de sombrer dans le sommeil), mais également lorsque nous sommes dans des conditions ou le bruit ambiant arrive à couvrir la bonne fréquence et au bon volume. Mais cette solution n'est pas à mettre en application trop souvent car plus l'oreille "reçoit" de bruit plus elle se fatigue et plus elle est fatiguée moins elle entend et plus l'acouphène est fort. C'est tout le paradoxe : épargner ses oreilles le plus possible.
Je comprends d'autant mieux la difficulté de ta situation Christine car plus nous sommes touché(e)s par la surdité et plus l'acouphène est présent.
Je sais combien cela peut te sembler puérile mais dis toi que tu n'es pas la seule à devoir vivre avec cette saloperie : il y a autant de souffrances et autant de types d'acouphènes que d'acouphéniques. Savez vous qu'il y a beaucoup plus d'acouphéniques que nous pourrions le penser ? ce n'est certes pas une consolation car je ne souhaite cela à personne, même pas à mon pire ennemi. Mais nous ne sommes pas seuls, nous ne sommes pas des cas isolés, nous ne sommes pas un cas exceptionnel... C'est l'effet d'une "maladie" ou de "maladies" et tous les spécialistes y vont de leurs suppositions. Je vous laisse juges de leur bien fondé ou pas, personnellement j'ai mon opinion sur le sujet qui est que la seule chose que je sais c'est que personne ne sait.
Courage... courages à toutes et à tous, courage à toi Christine, tu n'es pas seule.
En 2009 je voulais mourir... aujourd'hui je suis encore la et quand je regarde derrière moi je me dis que j'ai quand même connu des bon moments dans ma vie depuis août 2009. Ca signifie que j'ai eu raison de tenir le coup, et que si j'ai tenu 3 ans et deux mois je peux et je dois en tenir encore au moins autant. Autrement tous ces combats, toutes ces souffrances morales auraient été vains et dans ce cas j'aurais échoué. Je vis au jour le jour. A chaque jour sa peine, c'est vrai, mais également à chaque jour ses satisfactions, ses choses positives qui font que notre lutte n'est pas vaine. Quand le vois un coucher de soleil enchanteur, quand je me noie dans le regard de ma compagne pour m'y plonger dans son amour et sa douceur, quand je regarde mon jeune fils vivre (survivre suite à son cancer) et sentir cet amour immense que j'éprouve pour lui... oui je me dis que mon combat n'est pas inutile, et tant que j'en aurais la force je lutterais en sachant que la meilleur façon de lutter est de ne pas le faire et de vivre comme si mon acouphène n'existait pas car l'ignorance est la seule arme efficace contre lui....